Mais en fait, un écrivain public, c’est quoi exactement ?

Quand on me demande ce que je fais dans la vie et que je réponds : « je suis écrivain public », la réaction est souvent la même. Mon interlocuteur sourit, lâche un « ah oui d’accord » avant de laisser passer quelques secondes de silence gêné, puis vient la question fatidique…

« Mais en fait, c’est quoi exactement un écrivain public ? »

Notez que cela ne me dérange pas du tout qu’on me pose la question. J’ai bien conscience que c’est un métier qui, bien qu’ancestral, reste méconnu de nos jours. Et surtout, cela me permet de dissiper tout de suite les éventuels clichés qui pourraient venir à l’esprit des gens, car le métier d’écrivain public, aujourd’hui, n’est plus vraiment le même que ce qu’il a été par le passé. Je me souviens d’une fois – mémorable – alors que j’étais à l’aube de ma carrière, où l’on m’a répondu : « mais c’est un métier de crève-la-faim ça ! » (ah comme c’est plaisant d’entendre des paroles réconfortantes). Alors oui, ce n’est sans doute pas la voie à choisir si on veut faire fortune, autant être claire, mais ce n’est pas grave, j’ai des pommiers dans le jardin, je vais survivre. En revanche, je m’enrichis chaque jour au contact des gens que je rencontre et qui mettent entre mes mains leur confiance, leur vie, leurs histoires. Et ça, ça n’a pas de prix.

Car un écrivain public, c’est quoi ? C’est quelqu’un qui écrit pour les autres.

Et les autres, c’est qui ? C’est tout le monde. Non, ce ne sont pas uniquement les illettrés, et il n’y a aucune honte à consulter un écrivain public. Sortons tout de suite de ce premier cliché. J’écris pour des particuliers, pour des associations, pour des collectivités, pour des entreprises, pour des sujets d’une diversité qui semble infinie d’après ce que je constate jour après jour.

Pourquoi les gens se tournent-ils vers un écrivain public ? Parfois, parce qu’ils n’ont pas le temps d’écrire eux-mêmes. Parfois, parce qu’ils n’en ont pas envie. Parfois, parce qu’ils ne s’en sentent pas la capacité. Parfois, parce qu’ils sont dyslexiques. Et parfois, ils sentent simplement la nécessité de s’offrir un regard extérieur.

Pour aider les gens à mieux comprendre mon métier, j’aime bien le comparer à celui de coiffeur.

Quand on a besoin d’une coupe de cheveux, en général, on n’hésite pas. On décroche son téléphone, on appelle son coiffeur pour prendre un rendez-vous, et quelques jours plus tard on en ressort avec le plaisir d’avoir eu un professionnel qui a répondu à nos attentes. Pourtant, on sait tous utiliser des ciseaux et couper une mèche de cheveux. D’ailleurs, certains se coupent les cheveux eux-mêmes ou le font pour leurs enfants.

Voilà ce que ça donne de vouloir faire des économies de coiffeur !

Moi-même, quand je suis motivée, je raccourcis les pointes des cheveux de mes filles. Mais parfois, je n’ai pas le temps. Quant à me couper les cheveux moi-même… hors de question !! Je préfère prendre mon téléphone, appeler ma coiffeuse, et dépenser un peu d’argent plutôt qu’essayer de faire une économie et me retrouver avec la tête de Médusa pendant trois mois.

Et bien c’est pareil pour l’écriture. La plupart du temps, on sait très bien se débrouiller tout seul. On sait prendre un stylo, aligner des mots et faire des phrases. On n’a pas besoin d’aide pour les tâches d’écriture les plus courantes, pour écrire une carte postale, répondre à ses mails ou faire sa liste de courses. Mais peut-on en dire autant lorsqu’il s’agit de rédiger le contenu de son site web, un courrier très important (ou une lettre d’amour), ou la biographie de sa grand-mère qui veut raconter sa vie ? Certains s’en sentent sûrement capables et c’est très bien ! Il y a aussi des femmes qui savent faire des nattes africaines sur leur propre tête, mais je n’ai pas honte d’avouer que pour moi, ça relève de la science-fiction. Ceux qui ne se sentent pas les moyens d’affronter un travail d’écriture trop laborieux, ou qui ont simplement besoin de conseils ou d’une relecture par un œil plus aiguisé ne devraient pas hésiter non plus à consulter un écrivain public.

Malheureusement, ce réflexe n’est pas (encore) ancré dans les mœurs, et le premier travail d’un écrivain public est donc celui-là : rappeler encore et encore à quoi il sert, en espérant que les gens, le moment venu, se rappelleront que quelqu’un est là pour les aider, tout simplement parce que son métier, c’est d’écrire pour les autres.

Publié par Hélène Blockelet

Ecrivain public et biographe, je mets ma plume à disposition de ceux qui en ont besoin pour que chacun puisse laisser sa voix s'exprimer...

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